28/05/2016

MACRON : LE MÉPRIS DE CLASSE DU BOURGEOIS BORNÉ

"La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", a déclaré le ministre de l'Économie, en déplacement vendredi dans l'Hérault face à deux militants de la CGT, venus l'interpeller sur le projet contesté de loi Travail. La vidéo de cet échange musclé a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Vendredi lors d'un déplacement dans les rues de Lunel dans l'Hérault, Emmanuel Macron, qui est à la veille du lancement de sa campagne de porte-à-porte pour son mouvement En marche !, en profite pour faire un peu de com’ auprès de la population. Sauf que le ministre de l'Économie avait peut-être oublié le mouvement de constestation contre la loi El Khomri. Deux grévistes de la CGT, eux, ont interpellé Emmanuel Macron, lui reprochant notamment le passage en force de la loi avec le recours au 49-3 à l'Assemblée nationale. Le ministre s’est défendu d’avoir « des leçons à recevoir ». « Si vous ne voulez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer » a-t-il lancé à l’attention d’un militant. Puis agacé, il s'emporte et déclare : "Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler". "Mais je rêve de travailler monsieur Macron", lui répond un des deux syndicalistes. Cet échange a donné lieu à de nombreuses réactions sur Twitter. La militante Caroline de Haas, initiatrice de la pétition « Loi travail ? Non merci ! » a lancé un mot-clé #UnTshirtpourMacron.


Emmanuel Macron avait déjà révélé son mépris de classe lorsqu'il avait évoqué "l'illettrisme" des ouvrières de l'abattoir Gad. En septembre 2014, sur Europe 1, l’ex-banquier de chez Rothschild avait déclaré : « Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. » Marie-George Buffet avait alors réagit à ces propos : "un mépris incommensurable à l’égard des femmes ouvrières. Pour justifier la casse du code du travail et des acquis sociaux  réclamée par le MEDEF, Emmanuel Macron remet sur le tapis des idées que l’on croyait révolues pour caricaturer les femmes, les ouvrières, et surtout justifier la faiblesse et l’inégalité des salaires féminins."

27/05/2016

HISTOIRE DU PCF :
PLUS DE 500 000 DOCUMENTS NUMÉRISÉS ET ACCESSIBLES GRATUITEMENT

Du 25 au 27 mai, s’est tenu à Dijon un colloque international sur « l’histoire du PCF dans une perspective transnationale 1917-1991 ».

C’est la Maison des sciences de l’homme (MSH) de l’université de Bourgogne qui  accueillait les 50 intervenants européens de ce colloque. On ne se félicitera jamais assez d’une telle initiative, au moment où le PCF ouvre son 37ème congrès. Lors des débats, l’histoire du PCF – et plus généralement du mouvement communiste –, la façon de l’appréhender mais aussi d’en tirer les leçons, suscite toujours des débats. D’où l’importance de disposer d’outils objectifs, fidèles à la réalité.

Une des motivations du colloque était d’annoncer l’ouverture d’un portail d’accès numérique aux « fonds français » de l’Internationale communiste à Moscou. Cette plate-forme, financée par l’Association Nationale de la Recherche (ANR), a été baptisée Projet ANR Paprik@2F ((Portail Archives Politiques Recherches Indexation Komintern et Fonds français). Plus de 500 000 clichés d’archives y sont consultables gratuitement en ligne, grâce au travail réalisé pendant trois ans par une équipe d’archivistes, d’informaticiens et d’historiens de la MSH Dijon et du centre Georges-Chevrier, avec l’appui des Archives nationales. Ce portail offre aux chercheurs, aux étudiants, mais aussi à tous les citoyens férus d’histoire contemporaine, un pan entier d’une histoire qui a marqué le XXème siècle : celle du communisme et spécifiquement du PCF entre 1917 et 1947, avec un « accès démocratique » aux archives, « fidèle à notre conception du service public de la recherche », dont se félicitent à juste raison les initiateurs.

26/05/2016

LOI TRAVAIL : APPEL DU PCF A LA MOBILISATION


La mobilisation contre la loi El Khomri s'amplifie : blocage des raffineries, grève à la SNCF, à La Poste, à la RATP, chez les routiers, des actions locales, dans des universités, dans des entreprises… Plusieurs manifestations et actions se préparent dans les jours et semaines qui viennent. Nous soutenons toutes les initiatives, toutes les grèves de branches, de secteurs, locales qui voient le jour. Nous encourageons les adhérent-e-s du parti à participer à l'amplification de ces actions.

Ce mouvement s'amplifie parce que le cœur du projet de loi El Khomri, avec notamment l'inversion de la hiérarchie des normes, est confirmé par le gouvernement, la droite et le patronat, malgré l'opposition archi majoritaire à ce texte dans le pays. Après le passage en force en première lecture à l'Assemblée Nationale, le texte va passer au Sénat le 13 juin. L'ambition de la majorité de droite est de durcir encore le projet de loi en renforçant son caractère libéral, anti-social, pour essayer de le faire adopter en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Pour contrer ce scénario, la mobilisation et les grèves doivent s'élargir pour le retrait du texte, et pour censurer le gouvernement s' il tente encore une fois de passer en force.

Face au bras de fer qui est engagé, nous appelons à réussir la manifestation nationale du mardi 14 juin à Paris. Nous appelons l'ensemble des communistes, des organisations locales, départementales, régionales du parti, l'ensemble des élu-e-s communistes à préparer et à participer à la manifestation, en portant nos propositions alternatives pour une véritable sécurisation de l'emploi et de la formation pour tous. Réussir le 14 juin, c'est donner du poids à nos exigences, à nos revendications et de la voix aux élu-e-s communistes à l'Assemblée nationale et au Sénat qui ne lâchent rien pour obtenir le retrait du projet de loi.

D'ici là, nous invitons à participer à la votation proposée par les organisations de jeunesse dont la JC et l'UEC, ainsi qu'aux différentes manifestations, rassemblements comme le 6 juin.
Paris, le 23 mai 2016 - Comité exécutif du PCF

28/04/2016

CHÔMAGE : UN TOUR DE PASSE-PASSE QUI NE TROMPE PERSONNE

Si la baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi de la catégorie A atteint 62 400 personnes en mars, la hausse des gens inscrits en catégorie B et C, ceux qui ne travaillent que quelques heures dans le mois, est de 52 800. Au final, la diminution totale du chômage n’est que 9 600 personnes. 

La nouvelle a fait les grands titres des journaux télévisés : le nombre d’inscrits à Pôle emploi n’ayant pas du tout travaillé au mois de mars a diminué de 62 400. Mais aucune précision n’a été donnée pour analyser ce recul. On ne sait si cela correspond vraiment à autant d’emplois retrouvés par des chômeurs de catégorie A, où si une part de ce recul correspond à des radiations qui ne seraient pas synonymes d’un retour à l’emploi. Cette baisse intervient après une hausse de 38 900 inscrits en catégorie A au mois de février. La France comptait donc 3,79 millions de chômeurs de catégorie A au 31 mars 2016 contre 3,16 millions au tout début du quinquennat de François Hollande. Il faudrait donc que leur nombre de demandeurs d’emplois dans la catégorie des gens qui n’ont pas travaillé une seule heure dans le mois diminue de 630 000 personnes d’ici mai 2017 pour que François Hollande gagne son pari sur l’inversion de la courbe du chômage durant son quinquennat.

24/04/2016

LE FRONT POPULAIRE : SOURCE D'INSPIRATION POUR LE MOUVEMENT SOCIAL

Quatre-vingts ans après, le grand moment que fut le Front populaire a quelque chose à dire au mouvement social actuel. L’Agora de l’Humanité du 23 avril a fait entrer en résonance ces deux époques.




21/04/2016


Vous voulez être entendus ? Comme nous, vous en avez assez de voir la parole populaire méprisée, ignorée, trahie. Le Parti communiste lance une grande consultation citoyenne dans le pays pour débloquer la situation. Pour avoir un grand débat public, faire émerger les exigences populaires, ouvrir des solutions face à la crise. Un grand débat pour donner votre avis sur la France, l’Europe, le monde.

Nous avons tous un bout de la solution. Vos exigences, exprimées et rassemblées doivent former un mandat populaire à rendre incontournable. Donc, à vous d’écrire la politique, à vous la parole !
Prenez la parole ! Le questionnaire, proposé à 500 000 personnes dans le pays est un point de départ. Vos réponses seront synthétisées au niveau national et rendues publiques.

Pour remplir le questionnaire en ligne, cliquez sur le bandeau

09/04/2016

RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL :
100 MANIFESTANTS A ROMILLY

Une centaine de manifestants, samedi 9 avril à Romilly-sur-Seine, dans le cadre de cette nouvelle journée d'action pour demander le retrait de la loi "toxique" El Khomri. Au même moment, 400 personnes manifestaient dans les rues de Troyes.


























TOUT EST DIT !

07/04/2016

BERNARD FRIOT : UN COLPORTEUR D’IDÉES RÉVOLUTIONNAIRES


Invité de l’UPOPAube le 6 avril à Romilly-sur-Seine, l’économiste et sociologue a emballé bon nombre des cent personnes qui ont assisté à sa conférence sur le salaire à vie.

Une idée de « Professeur Maboul », a trompeté l’animateur sinueux d’un blog local qui, pour faire bon poids, décrétait Friot d’accusation : « homme  dangereux ! ». Dangereux pour les certitudes bornées de ce blogueur et de ses coreligionnaires, assurément.

Il est vrai que l’économiste n’y va pas par quatre chemins : ce qui, pour lui, est à l’ordre du jour, c’est la question du changement de mode de production capitaliste avec ses prolégomènes relatifs à la propriété. Qu’on se rassure, Friot n’est ni un « partageux » ni un « niveleur ». Il est pour la propriété privée, il le dit fort et clair, mais pour  la propriété d’« usage », qui permet de disposer librement d'un bien pour un usage personnel ou celui de ses proches, bien maintenu en bon état de fonctionnement et qui n’est pas monnayé. Ce qu’il oppose à la propriété « lucrative », ce « cœur systémique » de la pieuvre capitaliste qu’il veut voir cesser de battre, et qui permet à un propriétaire de tirer un revenu d'un bien qu'il n'utilise pas, revenu qui est le fruit du travail d'un autre. Dans ce cas, c'est le droit de propriété qui est rémunéré, et non le travail.

Pourtant, toute richesse produite est - et n'est que cela - le résultat d’un travail collectif et des ressources naturelles mobilisées  à cette fin. Les détenteurs de capitaux n'apportent aucune richesse. Ils achètent les moyens de production (terrains, bâtiments, outils, parts sociales des entreprises…) et, au titre de leur propriété lucrative, prélèvent une part de la richesse produite collectivement par d'autres, ce qui est pour l’économiste illégitime.

31/03/2016

LE FRONT DU REFUS EST EN MARCHE







La pluie n’a rien arrêté, plus d'un million de ­manifestants ont fait des rassemblements contre la loi El Khomri un moment exceptionnel dans l’histoire des mobilisations syndicales. 1 500 manifestants à Troyes, 200 à Bar-sur-Aube. De nouveaux appels à la mobilisation ont été lancés.

Au même moment où le Le Parisien ratiocinait dans son édition numérique, comparant la mobilisation des jeunes contre le CPE en 2006 et celles d’aujourd’hui pour le retrait de la loi travail, de nombreux jeunes, justement, convergeaient dès la fin de matinée vers la place de la Nation à Paris. La mobilisation de la jeunesse et des salariés contre une loi «toxique» qui «n’est pas digne d’un gouvernement de gauche», selon le député frondeur Christian Paul, a donc été à la hauteur, non seulement des attentes des organisateurs, mais de l’enjeu.

Rien ne va plus
Le chiffre ne résume pas tout, mais il signifie que le refus de ce projet de casse des droits du travail irrigue la société et qu’il est regardé avec sympathie par la majorité de ceux qui n’osent pas faire grève par peur de la répression patronale. L’opération badigeon de Manuel Valls n’a pas fait plus illusion que les leurres largués par des escouades d’experts patronaux célébrant en chœur la « modernité » de l’entreprise. Ils ont en eux quelque chose du docteur Don Léopold Auguste, qui avouait dans le Soulier de satin de Claudel : « Je suis pour la nouveauté, mais un nouveau qui soit absolument conforme au passé. » Le gouvernement avait tout misé sur le ralliement de la CFDT, pariant qu’il minerait la détermination des salariés et des jeunes, et étiolerait les rassemblements. « Rien ne va plus », dit-on au casino…