21/07/2016

LA FRACTURE DE LA LOI TRAVAIL

De longues heures de débat pour l’état d’urgence. Le 49-3 pour la loi travail. 

L’année parlementaire s’achève sur ce paradoxe : l’espace politique est saturé par les polémiques sur la prolongation d’un régime d’exception à l’efficacité toute relative, alors qu’une réforme qui déstructure plus d’un demi-siècle de contrat social est reléguée au rang de « formalité ».

Les sénateurs ont rejeté la loi El Khomri sans l’examiner. La fin de parcours à l’Assemblée nationale se révèle tout aussi méprisante pour la démocratie, Manuel Valls ayant "rebeloté" sur une adoption sans vote. Figé dans l’entêtement à passer en force, le gouvernement annonce des décrets d’application rapides pour mettre en œuvre une réforme qui continue de mécontenter 71 % de Français, selon un sondage Odoxa publié lundi par les Échos.

Mais l’abus de pouvoir institutionnel pour imposer un texte sans majorité, l’intolérable répression policière du mouvement social, la violente campagne d’insultes à l’encontre de la CGT ne seront pas oubliés de sitôt. Après cinq mois de contestation, l’intersyndicale reste en phase avec l’opinion puisque 55 % des Français sont favorables à une poursuite de la mobilisation à la rentrée. Qui va avoir lieu.

Car les salariés ne s’y trompent pas. Beaucoup font déjà l’expérience des accords compétitivité-emploi, dérogatoires au Code du travail. Adoptés sous Sarkozy, ils se sont révélés être des réceptacles au chantage patronal à l’emploi avec augmentation du temps de travail et baisse des salaires. Le gouvernement ressert cette soupe amère, gravée dans le marbre de l’article 2. Il a même trouvé son accord modèle, celui de PSA, qui échange des embauches contre davantage de samedis et de nuits travaillés. De l’emploi contre de la flexibilité, Myriam El Khomri appelle ça le « progrès négocié ». Dans une société déjà fissurée, la loi travail ouvre une fracture de plus, une fracture sociale. La loi travail est passée mais l’exécutif n’a pas gagné.

12/07/2016


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06/07/2016

49-3 : COUP DE FORCE D'UN POUVOIR EN GUENILLES !

Gattaz le voulait impatiemment : «fermer la parenthèse» de la contestation de la loi travail. Hollande et Valls l’ont fait. Du moins, espèrent-ils l’avoir fait en utilisant une nouvelle fois l’article 49-3 à l’Assemblée Nationale, où le texte est revenu mardi en seconde lecture. 

Oubliés les temps où le premier secrétaire du PS et le député-maire socialiste d’Evry (Essonne) ne trouvaient pas de mots assez durs contre un article qu’ils vouaient aux gémonies et destinaient aux poubelles de la République. C’était l’époque où, peut-on supposer, la finance était (encore ?) leur ennemie, avant celle d’un pouvoir remis entre leurs mains par le peuple, pressé d’éjecter Sarkozy, mais ouvrant, à ses dépends, à d’autres renards les portes du poulailler.

Borné et faisant la sourde oreille...
Sur fond de mascarade avec la droite lors de l’examen au Sénat, Valls avait répété son intention d’aller jusqu’au bout, de ne rien accepter de ce qui pourrait dénaturer, ne serait-ce même qu’adoucir, une loi tricotée sur mesure pour le grand patronat et façonnée selon les instructions de la Commission européenne. Au même moment, dans le pays, la contestation des forces syndicales et politiques essayait de lui faire entendre qu’il faisait fausse route et soumettait des propositions alternatives. Et quelle morgue dans l’intervention, ce mardi, de l’exécuteur des basses œuvres du pouvoir, osant affirmer que «ce texte est un texte de progrès. Il a fait l’objet d’une large concertation. [...] Cette loi a été considérablement enrichie. Nous avons reçu l’ensemble des partenaires sociaux» ! Un singulier rhabillage d’une loi qui n’est majoritaire ni dans le pays, ni dans le monde syndical et social, ni même au sein de la majorité du gouvernement. Borné et faisant la sourde oreille, le pouvoir, affaibli, a choisi de couper court, une nouvelle fois et comme avec la loi Macron, au débat démocratique avec les représentants élus par nos concitoyens.

28/06/2016

ATTENTAT D'ISTAMBUL :
LA POLITIQUE GUERRIÈRE D'ERDOGAN ALIMENTE LE TERRORISME

Un attentat suicide à l'aéroport d'Istanbul, attribué à l'organisation Etat islamique (Daesh), vient d'endeuiller la Turquie. Il fait suite à une longue série d’attaques meurtrières qui, depuis deux ans, frappe des dizaines de civils innocents et défenseurs des droits humains et démocratiques en Turquie.

Le Parti communiste français tient à exprimer sa profonde tristesse et à assurer les familles des victimes, les rescapés, les forces démocratiques et progressistes turques et tous les peuples de Turquie de son entière solidarité et de son soutien. Le peuple turc paie aujourd’hui la complicité qu’a entretenue, pour lutter contre les Kurdes et contre les démocrates turcs, le président Recep Tayyip Erdogan avec les organisations djihadistes. Des cellules terroristes ont proliféré en toute impunité dans tout le pays ; des troupes l'ont maintes fois traversé pour accéder au front à Kobane et attaquer les forces démocratiques syriennes. Des individus parfaitement identifiés depuis longtemps ont été laissés en liberté comme ceux qui ont commis l’horrible carnage d’Ankara, le 10 octobre 2015, contre la manifestation populaire pour la paix et la démocratie.

Après avoir rompu les négociations avec Abdullah Ocalan, en vue d’instaurer un processus de paix avec les Kurdes, Erdogan a mis en œuvre une stratégie totale du chaos en déclenchant une guerre meurtrière dans la région du Kurdistan turc tout en bombardant le Kurdistan d'Irak et de Syrie, détruisant en Turquie des villes entières, faisant un millier de victimes et provoquant l’exode de 200 000 femmes, hommes et enfants. Erdogan s’ingénie depuis des mois à instaurer une dictature en Turquie : il emprisonne et poursuit des journalistes pour délits d'opinion, des intellectuels, des militants politiques et syndicaux, y compris à l'étranger et avec l'assentiment des gouvernements européens ; il active les réseaux ultranationalistes turcs, encourage les pogroms.

24/06/2016

BREXIT : L’AMPLEUR DU DESAVEU DOIT CONDUIRE A UNE REFONDATION DE L’UNION EUROPEENNE

Les citoyens britanniques viennent de voter à 51,9 % pour sortir de l'Union européenne. C'est un nouveau choc révélateur de l'ampleur du désaveu populaire vis-à-vis de l'UE néolibérale. 

- Le temps est venu de refonder l'UE, de construire une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale. Cette nouvelle Union, et les nouveaux traités qu'elle appelle, doivent se construire sous le contrôle des peuples européens.

- Le déni répété de cette exigence depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen jusqu'au coup d’État financier contre la Grèce, a conduit l'Europe dans le jusqu'au-boutisme libéral et donné des ailes à l'extrême droite. La stratégie de David Cameron et l'accord passé avec la Commission européenne ciblant les populations immigrées ont libéré les forces les plus xénophobes au Royaume-Uni. Même dans sa formation politique, Cameron a été pris à son propre jeu. Pour les classes populaires britanniques, le changement de gouvernement qui s'annonce à l'automne, encore plus à droite, veut dire plus d'austérité, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société.

- Nous refusons le faux dilemme, imposé par les partisans de l'austérité, entre l'enfoncement dans la crise sociale et l'autoritarisme, ou la dislocation sur fond de rivalités nationalistes. Il y a une autre option, celle de la reprise en main du projet européen par la gauche. Une lutte cruciale pour notre avenir à tous est engagée entre la droite ultralibérale de Boris Johnson alliée à l’extrême droite de Marine Le Pen et l'alliance de toutes les forces de gauche et de progrès qui refusent l'austérité. Nos regards se tournent vers l'Espagne, ou le résultat de dimanche pourrait ouvrir un espoir dans le camp progressiste.

22/06/2016

LE PCF APPELLE A LA MOBILISATION MASSIVE LES 23 ET 28 JUIN

Après avoir interdit la manifestation contre le projet de loi Travail « El Khomri », prévue  jeudi 23 juin à Paris , le gouvernement vient d'autoriser celle-ci sur un parcours négocié avec les organisations syndicales.

C'est une victoire de la mobilisation et de la détermination des démocrates à faire respecter les libertés publiques fondamentales. L'interdiction aurait été une décision scandaleuse, injustifiée. Après le passage en force du gouvernement au parlement pour imposer sa loi par l'utilisation de l'article 49-3, cette décision supplémentaire aurait été d'une extrême gravité. Le fait de l'envisager marque la dérive autoritaire du pouvoir. Il ne peut y avoir de débat démocratique si le droit de manifester est entravé. Le pouvoir est minoritaire dans le pays. Il est incapable de dégager une majorité politique et parlementaire pour valider son projet de loi. Il choisit la politique de terre brûlée. Il prend la responsabilité devant le pays de créer un climat de tension.

Nous ne nous laisserons pas détourner de notre objectif : le retrait de la loi travail et des droits nouveaux pour les travailleurs pour une sécurisation véritable de l'emploi. Nous demandons au Président de la République de suspendre le débat parlementaire afin de permettre l'ouverture de vraies négociations avec les organisations syndicales qui sont disponibles pour faire des propositions concrètes, porteuses de progrès social et de nouveaux droits.

Comme l'a demandé l'intersyndicale,  le Président François Hollande doit, « pour sortir de cette impasse, réunir les organisations syndicales et de jeunesse très rapidement ». Les parlementaires communistes, Front de gauche, à l'Assemblée Nationale comme au Sénat continueront à porter ces exigences. Nous appelons les salarié-es, jeunes, privé-es d’emploi et les retraité-es, les élu-es de la République à participer massivement aux manifestations des 23 et 28 juin et à la votation, organisée par les syndicats.

18/06/2016

120 ANS DE HAINE ANTI-CGT


Entre mépris de classe et répression sociale, le déferlement de propos venimeux qui s’exerce contre la CGT à l’occasion de la mobilisation contre le projet El Khomri n’est pas une nouveauté. Depuis sa création, la Confédération est la cible d’attaques violentes du pouvoir et du patronat.

Ainsi la CGT serait « à la dérive », associée à des « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes » (Pierre Gattaz). Sur la lancée, un médiacrate patenté a pu identifier les « deux menaces » qui pèseraient sur la France : « Daech et la CGT ». Tandis qu’une pétition exige la dissolution de la centrale, son secrétaire général n’est pas épargné. « L’homme qui veut mettre la France à genoux » (« le Figaro ») rappellerait le « Beauf » de Cabu, ce que suggère le portrait d’un Philippe Martinez à la « vie un peu terne et sans apparat », issu d’« une banlieue sans âme » et qui « roule dans une vieille Renault Scenic » (« Capital »). Frappés au double coin de la défense de l’ordre et du mépris de classe, les thèmes du discours anti-cégétiste ne se renouvellent guère. À trois décennies de distance, les propos de Pierre Gattaz font écho aux sorties de Coluche contre la CGT « force du désordre » et « cancer général du travail ».