31/07/2014


5 AVRIL 1908 : JAURES INAUGURE L'HOPITAL DE ROMILLY

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Le 5 avril 1908, Jean Jaurès inaugure l’hôpital de Romilly-sur-Seine. 5 000 personnes accueillent et accompagnent le grand tribun socialiste qui prononce l’après-midi un discours très politique, sur bien des aspects encore d’actualité.

Le maire socialiste Jules Bouhenry avait invité Jaurès à venir inaugurer l’hôpital-hospice en construction, avenue des Hauts-Buissons (devenue avenue Jean-Jaurès). Le tribun socialiste est acclamé, à son arrivée par l’express de 11 h 12, par 5 000 personnes aux cris de «Vive Jaurès !», «Vive la Sociale !». Jaurès est accompagné d’Etienne Pédron, de Louis Dubreuilh, secrétaire général du Parti socialiste, et par le député socialiste de l’Aube, Léandre Nicolas. La présence de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, mentionnée dans une monographie sur l'hôpital d'un historien romillon, n’est confirmée par aucune source historique ou iconographique.

Le cortège se rend à l’hôtel de ville pour un vin d’honneur, puis au Casino où un banquet est servi avec, à son menu, l’un des plats préférés de Jaurès : des petits pâtés Lucullus sauce madère. La veille, un samedi, une “distribution extraordinaire aux indigents” avait eu lieu. Puis c’est le départ vers le terrain de l’hôpital, qui n’est pas encore achevé, où se tient un meeting. Plusieurs orateurs s’expriment : un conseiller municipal de Romilly, Vasset, Léon Osmin, secrétaire de la mairie et très proche de Jules Guesde, Pédron et Dubreuilh. Jaurès prend enfin la parole et prononce un discours éminemment politique car des élections municipales sont fixées au 3 mai suivant. Le journal La Défense des Travailleurs de l’Aube [n° 838 du 10 avril 1908] le reprend partiellement (lire ci-dessous). Pourtant, à ces élections municipales, la liste socialiste sera battue par la liste dite de «concentration républicaine» rassemblant l’Action libérale populaire, les progressistes et les radicaux-socialistes.

Cette journée mémorable du 5 avril 1908 s’achève par une soirée artistique suivie d’un bal populaire à la salle du Casino où sont applaudis La Muse Socialiste, Les Amis Réunis et une pièce de théâtre en trois actes écrite par Léon Osmin et au titre évocateur : "Les Voleurs".

09/07/2014

L'ACTION CONTRAINT VEOLIA A REMBOURSER 105 FAMILLES


Le 3 juillet dernier, les communistes et leurs élus ont fêté avec les locataires du Nouveau Romilly concernés le succès qu'ils ont remporté face aux prétentions de Véolia qui avait décidé de facturer un double abonnement (un pour l'eau froide et un pour l'eau chaude !) à plus de cent abonnés. Ces locataires reçoivent actuellement les remboursements des sommes indûment payées. Pour certains d’entre eux, cela représente près de 200 euros et désormais il ne paieront plus chaque année qu'un abonnement soit une économie annuelle de près de 70 euros. Si le maire de Romilly n'a pas levé le petit doigt pour aider ces familles, les élus communistes ont multiplié les actions concrètes et aidé les locataires dans leurs requêtes devant le Tribunal d'Instance de Troyes. Certain de perdre, Véolia a décidé de jeter l'éponge et de procéder au remboursement. Si la mobilisation se poursuit, ce premier succès sera suivi d'autres.

- Le 3 juillet, la section et les élus communistes ont donné une conférence de presse : lire l'intervention de Pierre Mathieu.
Pour la seconde année consécutive, le barbecue organisé par la section de Romilly du PCF, dimanche 6 juillet, a été une réussite avec la participation d’une cinquantaine de personnes. Bien évidemment, la situation politique locale et nationale a fait l’objet de débats et des initiatives qui seront prises à la rentrée ont été annoncées. La section du PCF tient particulièrement à remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à ce succès. Rendez-vous a été donné pour l’an prochain. Mais on se reverra avant...

03/07/2014

FAITES-NOUS RIRE, PIERRE GATTAZ !

On aurait presque le sentiment qu’« il suffit que le patronat éternue pour que le gouvernement lui apporte la boîte de mouchoirs » comme l’a déclaré J.-C. Mailly de FO.

Voilà donc huit organisations patronales qui prétendent faire pleurer dans les chaumières et les conseils d’administration sur les malheurs des entreprises. Voilà un président du Medef qui, en même temps qu’il s’empêtre dans sa réponse à l’Humanité sur les pratiques d'optimisation fiscale de sa société Radiall (25 millions d'€ de bénéfices en 2013 - 200 000 € d'impôts payés en France), entend imposer son diktat au gouvernement… Et voilà qu’il y parvient, que le premier ministre se couche, non seulement sur la question de la pénibilité, mais aussi sur la question des seuils sociaux dans les entreprises. Et avec quels arguments ! Sur les seuils sociaux c’est, a-t-il déclaré, au motif que dans nombre d’entreprises le droit ne s’applique pas, que « les seuils eux-mêmes ne veulent rien dire ». Quand le droit fait défaut, on supprime le droit. Sur la pénibilité, s’il faut un report, c’est « parce que c’est difficile ».

Au même moment, au siège du PS, son premier secrétaire évoquait Jaurès à l’occasion d’un exposition : « Oui, Jaurès nous parle et nous invite à bâtir malgré tout une société moins dure pour les faibles, une société plus juste face aux forts. » C’est une blague ? Mais le comble, c’est ce qui éclatait cette semaine à la une du Figaro Économie : « La Bourse ne connaît pas la crise, alimentés en liquidités par les banques centrales, les marchés ont connu un premier semestre faste, avec des records historiques à la clé. » Où l’on apprend, entre autres, que les fonds qui ont rapporté le plus aux investisseurs sont ceux qui ont « fait la part belle aux petites et moyennes valeurs françaises » dont celles, dit un gestionnaire, « qui se sont envolées de plus de 30 % sur le semestre ». Allez Pierre Gattaz, faites-nous encore rire.

19/06/2014

L'INTERET GENERAL ET L'AVENIR DU SERVICE PUBLIC AU COEUR DE L'ACTION DES CHEMINOTS

Déclaration de Pierre Mathieu, vice-président du Conseil régional de Champagne-Ardenne et des vice-présidents communistes en charge des transports dans les régions.

Comme nous avons eu l’occasion de l’exprimer à plusieurs reprises notre pays a besoin d’une réforme ambitieuse du système ferroviaire pour répondre  aux besoins de mobilité de nos concitoyens, pour réussir la transition énergétique. Une réforme qui donne au rail et au service public les moyens d’une nouvelle efficacité. Force est de constater que le projet de loi du gouvernement ne répond pas à ces défis et ce sont ces questions qui sont au cœur du mouvement de grève des cheminots. Un mouvement qui est force de propositions pour une réelle réunification du système, son désendettement et le maintien du statut  garant d’une haute sécurité ferroviaire.

05/06/2014

REFORME TERRITORIALE : UN COUP DE JARNAC CONTRE LA DEMOCRATIE

Alors que 58% des Français se déclarent favorables à un référendum, François Hollande a présenté une réforme territoriale autoritaire et austéritaire, sans autre objectif que de débrider la concurrence et le "marché".

Ainsi donc, nous n’aurons pas l’Alsace et la Lorraine, mais la Picardie. François Hollande a démenti dans la presse régionale l’annonce du JDD du week-end dernier. La région Champagne-Ardenne sera donc fusionnée avec cette dernière selon le dernier schéma visant à réduire de 22 à 14 les régions métropolitaines. Manuel Valls annonçait le lendemain même que cette «réforme difficile» allait «forcément évoluer» lors des débats au Sénat et à l’Assemblée Nationale. Mais derrière la “souplesse” de façade, la doctrine libérale de la réforme ne sera pas défrisée d’un cheveu.

Des régions de «compet’»
Elle est ramassée en une phrase du premier ministre : «L'essentiel est de [...] rendre nos régions plus fortes, plus compétitives» pour gagner en «efficacité». Comme à son habitude, le président de la République n’a tenu aucun compte ni des consultations préalables, ni de la grogne dans son parti et parmi les élus de sa majorité, et moins encore des leçons de deux dernières élections. Il n’entend pas varier de des objectifs qui lui sont imposés depuis Bonn et Bruxelles. Cette réforme n’affiche pas d’autre ambition que l’austérité accrue pour les budgets publics et l’accroissement de la compétition entre territoires, conformément aux injonctions européennes. Cela se fait par l’aggravation de l'autoritarisme inhérent à la Vème République - qu’il fustigeait avec Sarkozy ! - et la mise en place de pouvoirs de plus en plus technocratiques, hors de contrôle de la souveraineté populaire. En annonçant qu’il n’y aura pas de référendum, il esquive une validation démocratique aux résultats incertains. Les régions ont été redécoupées à la “va-comme-je-te-pousse” avant même que soient définies les missions des collectivités. Tout serait ainsi imposé sans s’appuyer sur le bilan de l’action menée dans les diverses collectivités, ni sur la créativité qui a fait la grande force de la décentralisation.

28/05/2014

REACTION DU PCF : FAIRE EMERGER UNE PERSPECTIVE REELLE ET CREDIBLE A GAUCHE

 "Le très haut niveau de l'abstention et le niveau historique du Front national, confirment que la crise politique et démocratique que traverse notre pays atteint un seuil critique. C'est une nouvelle alerte. La France s'enfonce dans un malaise démocratique inquiétant. Les causes de cette situation sont claires : le rejet massif du modèle libéral de l'Union européenne et le mépris que les tenants de ce modèle ont opposé depuis dix ans à tous ceux qui le contestaient ; l'enfermement de François Hollande et de Manuel Valls dans une politique d'austérité désavouée par le pays ; le profond désarroi dans lequel cette situation plonge les classes populaires et l'ensemble des électeurs de gauche.

La victoire du Front national, portée par une forte appropriation du mécontentement et une captation des voix de la droite, est un événement grave au plan national comme européen. Si la droite et l'extrême droite sont en tête, c'est surtout que la majorité gouvernementale [a été] sanctionnée et isolée. La gauche sort très affaiblie de ce scrutin. Dans ce contexte, les résultats du Front de gauche, équivalents à ce qu'ils étaient en 2009, ne permettent pas de relever le défi d'une voix alternative majoritaire à gauche. Un vaste chantier est devant nous.

Le PCF lance un appel solennel. De cette crise politique doit émerger une perspective réelle et crédible à gauche sur fond de rupture avec ce système rompu aux thèses libérales. La gauche s'est trop éloignée de ses valeurs. Elle ne pourra retrouver le peuple que dans un mouvement social et politique de l'ampleur d'un Front populaire du XXIème siècle. Nous appelons tous ceux qui [...] se sentent malheureux à gauche, toutes les forces vives du pays, la jeunesse et les salariés à s'unir sans attendre. Nous mettons le Front de gauche à leur service. Dans cette visée, les résultats de nos partenaires européens du groupe de la GUE-NGL et la progression de l'idée d'une alternative à gauche en Europe sont des signes encourageants."

- Les résultats à Romilly-sur-Seine : clic et dans l'Aube

12/05/2014

En partenariat avec l'Université populaire de l'Aube, René Granmont donnera le 12 mai à Romilly (voir ci-dessous) une conférence sur Evariste Galois. Il a bien voulu répondre à deux questions pour nous présenter le fil rouge de cette conférence.

Professeur agrégé de mathématiques, en retraite, tu as décidé de faire des conférences et des expositions sur l’histoire des maths et des mathématiciens. Pourquoi ?
- C’est que la mathématique, cette science tout aussi fondamentale que la philosophie avec laquelle d’ailleurs elle entretient des liens beaucoup plus étroits que l’on ne le croit, est présente dans chaque instant de notre vie quotidienne. Mais nombreux sont ceux qui, à la suite de leur cursus scolaire, perçoivent les mathématiques comme une discipline austère, purement technique, comme un langage abscons seulement accessible à quelques spécialistes vaguement illuminés… Pourtant, quand on étudie l’histoire de cette science et de ceux qui l’ont construite, on se retrouve en plein dans l’histoire des civilisations, dans les grandes évolutions culturelles, dans les querelles philosophiques, dans la vie de femmes et d’hommes riches de contradictions, d’espoirs, d’échecs … Donc je voudrais pouvoir montrer combien les mathématiques sont riches de complexité, d’imagination, de vie, de poésie – j’ose le dire –, en un mot d’humanité. Combien aussi, sans devenir un mathématicien, il est de plus en plus important d’avoir un minimum de bagage mathématique pour pouvoir analyser, faire des choix, être totalement citoyen.

24/04/2014

COMMENT PARLER DE JAURES QUAND ON FAIT LA POLITIQUE DE GATTAZ ?

Il y 110 ans, Jean Jaurès, qui entamait les dix dernières années de sa vie, couchait sur le papier le premier éditorial du journal l'Humanité intitulé "Notre but". Quel était celui de François Hollande cette semaine à Carmaux ?

Après la déroute des municipales, la première sortie présidentielle, à Clermont-Ferrand, a été ruinée par l'affaire Aquilino Morelle. Le déplacement dans le Tarn ne fera pas oublier le programme de stabilité, sitôt achevé le conseil des ministres, envoyé à la commission européenne. Nous vient alors une première pensée de Jaurès : "Non, la trahison n'est pas la condition suprême du pouvoir. Elle n'est pas la loi souveraine des démocraties".

Sur un point, et un seul, le Président a rendu hommage, sans doute involontaire, au grand homme qui a dit : "quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots". Les feuilles du discours du Bourget envolées aux quatre vents du traité Sarkozy-Merkel, de la rigueur budgétaire, du dogme des 3% et du dynamitage des services publics et du marché du travail, François Hollande a donc changé le mot de "socialisme" par "compétitivité", et celui de "changement" par "renoncement". Depuis son élection, et bien avant en vérité, François Hollande "est tombé, de cascade en cascade, dans ce bassin stagnant" d'où il pense pouvoir encore rendre hommage à Jaurès alors qu'il fait la politique de Gattaz.